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La Corrida espagnole

Par Prunelle

La tauromachieLa tauromachie est l´art d´affronter un taureau. Elle s´est épanouie Espagne, cependant l´époque de sa création ainsi que ses origines sont incertaines. Elle peut prendre diverses formes, comme un combat avec mise à mort de l´animal, ou des jeux, sportifs ou burlesques :

  • La corrida : elle est pratiquée essentiellement en Espagne, dans le midi de la France, dans certains états d´Amérique latine et des États-Unis, ainsi que dans quelques communes du Portugal. Elle peut être effectuée à pied ou à cheval.
  • La corrida de rejón : cette forme de corrida à cheval est un mélange entre la corrida équestre espagnole et portugaise. Le cavalier est appelé Rejoneado.
  • Les capeas : ce sont des corridas « amateurs », durant lesquels on provoque les animaux avec une cape. Ils ne seront pas blessés ni mis à mort.
  • Les novilladas : ils s´agit de corridas dont les taureaux n´ont que 3 ou 4 ans ; les toreros sont des novilleros (matadors amateurs) qui n´ont pas encore reçu l´alternative, grade qui leur permet d´être matador. Les matadors sont ceux qui peuvent mettre à mort le taureau dans les corridas.
  • La course ou corrida portugaise : a lieu essentiellement au Portugal et dans le midi de la France. Il s´agit d´un combat à cheval à l´issu duquel la mise à mort de taureau n´a pas lieu en public.
  • La course camarguaise : c´est un sport régional pratiqué en France, dont les participants doivent tenter d´attraper des attributs fixés aux cornes d´un taureau.
  • La course landaise : cette course a la particularité d´utiliser des vaches landaises et non des taureaux. Comme pour la course précédente, Il n´y a pas de mise à mort de l´animal. Les toreros sont appelés sauteurs (doivent sauter devant la vache) ou écarteurs (doivent faire face à la vache pour s´écarter subitement afin de les esquiver).
  • La course de recortadores : il s´agit d´un sport régional du nord de l´Espagne. C´est une course de taureaux où les participants doivent éviter le taureau en courant ou sautant.
  • Le toreo comique : cette parodie de la corrida a lieu partout où cette dernière est pratiquée.

Déroulement d´une corrida

La corrida commence avec le paseíllo, sorte de cortège durant lequel défilent tous les intervenants de la corrida. Deux aguacils ouvrent le pas, ils traversent l´arène à cheval pour se diriger vers la Présidence, et lui demandent symboliquement de leur remettre la clé de la porte des torils. Arrivent ensuite 3 toreros, chacun suivi de sa cuadrilla (équipe), composée de 3 banderilleros et de 2 picadors. Le cortège s´achève par l´arrivée de l´attelage qui servira à retirer le corps du taureau de l´arène. Quand les clés ont été remises et le cortège parti, on ouvre la porte du toril et le taureau sort. Le combat peut alors commencer. Il se déroulera en 3 temps : des tercios (tiers), qui sont annoncés par des coups de clarines. En général, 3 toreros se battent contre 6 taureaux, chaque torero se battra contre deux d´entre eux, l´un après l´autre. Les toreros passeront à tour de rôle, par ordre d´ancienneté.

Le tercio de varas est le premier tercio. Le torero, ou diestro, torée avec la cape. Il va enchaîner une série de passes, les tandas. Deux picadors le rejoignent, armés d´une grande lance et montés sur de grands chevaux, dont les yeux sont couverts. Quand le taureau attaque le cheval, le picador lui pique le cou. Cette étape permet au torero d´évaluer le côté que préfère le taureau, d´observer son comportement, ses mouvements, sa « bravoure », … Si cette phase fonctionne, la perte de sang, les blessures au cou, et l´énergie que va perdre le taureau en soulevant le cheval avec son cou et ses cornes fera que le taureau effectue des charges moins puissantes et moins fiables.

Le tercio de banderillas est le second tercio. À ce stade de la corrida, des hommes appelés subalternos, banderilleros, ou encore toreros de plata vont se charger d´affaiblir et énerver un peu plus le taureau, en lui plantant des banderilles dans le dos. L´animal commencera alors à charger un peu plus fort. Il arrive que le torero plante lui-même des banderilles.

Le tercio de muerte est le dernier. Il s´agit de la mise à mort du taureau. Le torero matador torée à présent avec la muleta et non avec la cape du premier tercio. Après la première passe, le torero disposera de 15 minutes pour tuer le taureau avec son épée : ce coup fatal s´appelle l´estocade. Le torero doit faire en sorte que le taureau charge, et trouver le moment idéal pour planter son épée, qui doit atteindre le cœur de l´animal. Il n´a que quelques secondes pour se concentrer et viser, alors que le taureau est en train de charger. Un coup raté peut provoquer la fureur du public. Toute cette lutte, la faena, est considérée comme une œuvre d´art vivante et éphémère. Lorsque l´estocade rate, le matador utilise une épée de verdugo, avec laquelle il pique le nez de l´animal. Ensuite il lui plante rapidement l´épée dans la nuque, afin de lui couper l´épine dorsale, ce qui provoque la mort instantanée du taureau : cela s´appelle le descabello.

Si ce coup rate, il aura recours au puntillero, ou cachetero : il lui donnera le coup de grâce avec un poignard. Le corps du taureau sera attelé par des chevaux, et sa dépouille fera un tour de piste s´il s´est montré brave et vaillant.

Rarement, le taureau peut recevoir l´indulto (être gracié). Le public sollicite cette grâce avant l´estocade, en remuant des mouchoirs blancs jusqu´à obtenir l´accord du président. Dans ce cas, le taureau sera symboliquement libéré par le matador, ce qui est un grand honneur. Il ne reviendra jamais combattre dans l´arène, car un taureau y acquiert de l´expérience, ce qui le rend dangereux.

Lorsque la faena est bonne, le président peut accorder une ou deux oreilles de taureau au matador, qui la ou les coupera. Dans des cas exceptionnels, le président peut aussi lui accorder la queue de l´animal. À la fin de la corrida, le torero fait le tour de la piste sous les acclamations du public.

Les taureaux de corrida

Le taureau de corrida, animal central de la tauromachie, est rigoureusement sélectionné en fonction de ses qualités supposées au combat et de sa masse (qui varie le plus souvent entre 480 et 550 kg). C´est une race archaïque de taureaux sauvages qu´on ne trouve qu´en Espagne. Seuls les taureaux « braves » seront choisis, c´est-à-dire ceux qui chargent à la plus petite provocation.

Les vaches reproductrices (vacas de vientre) sont sélectionnées au cours d´une épreuve appelée la tienta ou tentadero. La vache y affronte un picador, et si sa bravoure est suffisante elle sera toréée à la muleta. Les meilleures d´entre elles seront gardées.

Les taureaux reproducteurs (sementales) sont sélectionnés au cours d´une tienta de machos, mais seulement au picador. Chaque étalon choisi aura 15 ou 20 vaches à sa disposition. Les premiers veaux seront examinés pour valider, ou non, le choix des éleveurs.

Les veaux (becerros) seront soumis au marquage (herradero) et élevés en quasi liberté dans de grandes prairies, jusqu´à leur entrée dans l´arène. Les éleveurs s´assurent de toujours se trouver à cheval quand ils approchent les taureaux, pour que ceux-ci n´aient jamais vu d´hommes à pied avant d´intégrer une corrida.

Controverse

Dans le monde, la corrida est très controversée ; elle est vue comme une tradition culturelle typique et une attraction touristique par certains, mais comme un sport sanguinolent, qui torture ouvertement les chevaux et les taureaux, par d´autres. Elle est interdite dans les îles Canaries, et depuis plus récemment en Catalogne. Au Portugal, la mise à mort de l´animal en public est interdite.

Chiffres

Il y a plus de 1500 corridas chaque année en France et en Espagne, et plusieurs centaines d´arènes. La saison tauromachique dure de février à octobre, pour laquelle plus de 30 000 taureaux sont nécessaires.



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